Pénitence en déshérence

Ces lieux à l’abandon témoignent de l’empreinte laissée par le temps et de la fragile stabilité de la société. Tout comme dans cette prison du nord de la France, le photographe fige les stigmates d’une décadence cachée aux yeux de tous.

Les matières vieillissantes, les textures et les perspectives apportent une dimension troublante, hors du temps.
Les volumes des couloirs tentaculaires tranchent violemment avec ceux des cellules exigües dont cinq pas suffisent pour en parcourir la longueur.

D’infimes traces de vie sont inscrites sur les murs des cellules : des images d’îles paradisiaques ou de couvertures de playboy sont les seules échappatoires dans ces espaces où l’intimité n’existe que par la pensée.

Ces photographies sont les témoins privilégiés de l’oubli, du tabou de la surpopulation des centres pénitenciers en France. A 3 prisonniers pour 9 mètres carrés, il est alors difficile d’imaginer le reste d’humanité qui perdure à la sortie de ces derniers.

Série exposée en 2015 pour Photomage (à l’espace Saint Rémi à Bordeaux) et au « Poulailler de Fred ».




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