Collodion humide – Choix de la plaque de verre pour les négatifs


(Textes traduits par M.Tirat Michaël du « Manuel of photography » de Mathew Carey Lea, 1871)

§5.- Selection of Glass for Negatives

 

De toutes les problématiques rencontrées dans cette technique photographique, c’est celle-ci qui est la plus souvent oubliée.

Le verre à glace a d’énormes avantages sur le verre soufflé. Sa surface est parfaitement plane, le matériau de fabrication est généralement plus clair, et il est sans bulles, défauts, ou irrégularités. En revanche, il s’est avéré plus tard que la surface artificielle du verre à glace, produite par polissage, n’adhère pas au collodion et au vernis aussi bien après quelques années que la surface naturelle du verre soufflé. Ainsi avec le temps, l’émulsion est plus apte à se craqueler ou se décoller.

 

Dû au prix élevé du verre à glace en Amérique, le verre soufflé est utilisé de manière quasi exclusive. Mais dans le verre soufflé, il y a de grandes différences de qualité.

  1. Certains sont plus verdâtres que d’autres. Un verre « fort » aura tendance à considérablement augmenter le temps requis pour l’impression à partir d’un négatif.
  2. Le verre varie énormément en épaisseur, ce qui est un avantage pour obtenir des plaques solides. La casse de plaques est moindre dans les châssis-presses, et l’opérateur peut s’aventurer dans des pressions plus fortes sur ces derniers; il aura ainsi des impressions plus précises et plus propres.
  3. Le verre soufflé varie énormément dans les courbures. Beaucoup sont très plats, beaucoup d’autres sont très courbés. Tout ce qui n’est pas le plus plat possible doit être mis de côté.

Pour donner une idée du taux de courbure acceptable, placer la plaque sur une surface plane (table, etc) de telle manière que les deux bouts d’un des bords de la plaque de glace le touche, et regarder à quelle distance se trouve le milieu de l’arête de la plaque de glace. On peut dire que si la distance excède 1/16ème d’un inch (=2,54cm) sur une plaque de 6.1/2 par 8.1/2 inches (=16,51cm / 21,59cm), alors la plaque doit être mise de côté car non conforme à la pratique photographique. En effet, dans un premier temps, le centre de la plaque ne coïncidera pas avec la zone de netteté du verre de visée. Une distance qui n’excède pas 1/16ème pourra être corrigé par la pression du ressort dans le châssis de prise de vue (la plaque doit être systématiquement collodionnée sur la face concave ou creuse) et la marge d’erreur est ainsi réduite. Dans un deuxième temps, la moindre plaque, un tant soit peu courbée, aura plus de risque de se casser dans le châssis-presse.

L’atelier de l’Alchimiste – Michaël Tirat – Photographe au collodion humide – Bordeaux – Nouvelle Aquitaine


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